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Des nouvelles de la ferme de Beuvrigny

 

 

Septembre 2014 - journée bénévole : découverte de la culture de l'ortie

 

Historique d'un projet agricole plutôt audacieux...

D'origine Belge, Laëtitia Cenni est venue en France pour se former aux productions animales, en particulier équine, et s'installe en 2006 dans la Manche, expérimentant un élevage "non conventionnel" des chevaux, proposant notamment des prestations en soins alternatifs par la phytothérapie. Pratiquant un élevage en extérieur, elle nourrit ses chevaux à base d'herbe (quoi de plus naturel pour ces herbivores?!) (La pratique de nourrir les chevaux avec des céréales et de les cantonner dans des box apparaîtra pendant la guerre, l'animal devant pouvoir se ressourcer rapidement dans se dépenser dans les pâtures, toutefois la ration à base de céréales ne convient pas à leur nature et encrasse progressivement ces animaux ...). Elle convertit son élevage en agriculture biologique en 2009, chose également très peu conventionnelle dans le milieu.

Observant attentivement les comportements de ses animaux, Laetitia remarque que les chevaux piétinent les orties, pour revenir quelques heures plus tard les consommer... Elle s'intéresse alors fortement à la celle-ci, et (re)découvre les mille vertus de cette plante oubliée : très bon complément pour tous les êtres vivants (hommes, animaux, végétaux), elle était cultivée depuis l'Antiquité, utilisée également pour sa fibre aux usages aussi bien textiles que pour en faire des cordages et autres tissages. Les animaux semblent eux n'avoir jamais "oublié" ces vertus...

Laetitia mûrit alors un projet de culture de l'ortie, bien décidée à revaloriser cette plante trop peu considérée. Elle commence en 2010 à expérimenter sa culture sur 1ha familial à Beuvrigny, et fait connaître son projet en postulant à différents concours: elle remporte ainsi le prix Equidéfi en 2010, le 1er Prix Innovabio en 2011, les résultats confirmant la pertinence du projet.

Laetitia cherche alors désespérèment quelques hectares dans le secteur pour étendre sa culture: la pression foncière est en effet importante dans ce secteur du bocage normand, et le milieu agricole sans doute pas encore prêt à accueillir un projet de culture d'une plante encore trop considérée comme "mauvaises herbe" !

Laëtitia interpelle Terre de liens et se voit finalement attribués 3ha de terres, que la Foncière acquiert fin 2012. Laetitia peut désormais se réinstaller en tant que "jeune agriculturice", et se consacrer progressivement à cette activité.

 

De la culture de l'ortie...

Cultiver, sécher et conditionner cette plante sauvage n'est pas chose courante dans notre paysage agricole ! Laetitia va donc étudier et développer ces pratiques innovantes.

Les 3ha sur lesquels sont implantés la culture d'ortie sont des terres sorties d'une agriculture intensive, ayant connu un enchaînement de cultures de maïs et de blé. Le taux de matière organique n'y est pas important, et le sol très lessivé. L'ortie étant plutôt gourmande en azote, la jeune femme implante alors  sur ces terres ... (P.T. ?) et réalise des apports importants de fumier pour améliorer le sol. 66 000 plants d'ortie sont ensuite mis en terre. (L''ortie ne se sème pas en champs, seulement en pépinière). L'implantation de l'ortie est délicate: jusqu'à ce que ses racines soient suffisamment développées, la plante restera sensible aux stress hydriques, à la concurrence des autres plantes... Une fois implantée, elle prendra toutefois le dessus et pourra rester en place jusqu'à 20 ans !

Fauchée juste avant floraison, le compte à rebours commence : la plante séchera à peine une journée sur le terrain, avant d'être mise en andain, pressée puis transportée dans un séchoir. Là, elles y sont étalées et régulièrement retournées pour assurer un séchage qui durera entre 2 et 7 jours. Les orties sèches sont ensuite conditionnées en ortie en granulés, qui eux-même pourront être broyés pour

Un cycle de culture peut permettre jusqu'à 3 fauches, et permettre de produire de 3 à 6 tonnes/ha selon le terrain.

Des usages des produits à base d'ortie ...

La poudre est adaptée pour une action rapide, les granulés conviennent davantage pour une action diffuse.

L'ortie aura de multiples usages, que vous pouvez découvrir auprès de Laetitia : au fil de l'ortie ! Après avoir séduit de nombreux éleveurs de la région qui utilisent désormais l'ortie pour renforcer leurs animaux, il paraitrait même que se concocte des produits à déguster pour nous les gourmands...