terre de liens normandie

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Le Foncier au coeur des enjeux

d'une gouvernance alimentaire locale

 

en construction


Ressource limitée et non renouvelable, la terre est bien au coeur des enjeux de développement du territoire: support des activités humaines, elle est l'objet de multiples pressions et concurrences quant à ses usages, sa répartition...


Terres agricoles : de la réserve foncière à la ceinture nourricière - quel développement ville / campagne ?


  • L'artificialisation des sols en progression constante

Longtemps considérées comme simples réservoir de terres pour l'urbanisation, les terres agricoles ont subi une forte artificialisation ces dernières décennies : en France, c'est l'équivalent d' 1 département qui disparait tous les 7 ans, soit l'équivalent d'1 stade de foot artificialisé toutes les 5 minutes...

Les villes s'étant développées autour des terres les plus productives, ce sont donc généralement les sols aux meilleures potentialités agronomiques qui sont les plus touchés par le phénomène, et donc sortis définitivement d'un usage agricole et donc alimentaire.

Source Ministère de l'écologie et du Développement Durable

En basse-Normandie, ce sont ainsi 4ha qui sont artificialisés chaque jour (source SAFER BN)

 

  • " infrastructures routières, zones commerciales, lotissements: la trilogie de l'étalement urbain"' (De Jarcy / Rémy)

 

A l'échelle nationale, le phénomène révèle peu ou prou les mêmes caractéristiques.

L'habitat est le premier facteur de cette artificialisation: lotissements dans les couronnes péri-urbaines, mitage de l'espace rural par l'habitat individuel dispersé...  Les causes en sont comme toujours complexes: plus grande demande d'habitat individuel, éclatement des ménages, renchérissement des centre-ville obligeant les ménages les plus modestes à viser les zones périurbaines et rurales, des promoteurs qui y voient également des marchés intéressants, proposant des solutions clés en main à des maires soucieux d'attirer de nouvelles populations en proposant du logement...

L'extension des zones commerciales et artisanales tient également une part importante du phénomène : "jusqu'à la loi de modernisation de l'économie votée en 2008, l'implantation des grandes surfaces n'était  pas soumise au droit de l'urbanisme, mais au seul droit commercial. Aucune règle n'était édictée quant à la forme ou à l'aspect des bâtiments, seule la surface comptait, donnant lieu à des marchandages peu re­luisants avec les élus : laisse-moi construire mon supermarché, je financerai ton club sportif." Pour les grandes anciennes, les terres en périphérie des villes sont en effet l'objet de bien des gourmandises : foncier pas cher et abondant, accessible via les entrées de ville, offrant une visibilité certaine à leurs enseignes...

Enfin, ce développement des villes gourmands en terres est également celui de l'automobile - infrastructures routières : " Lorsque apparaissent les premiers supermarchés, au début des années 60, la France ne compte que 200 kilomètres d'autoroutes, un morceau de périphérique parisien, aucune autre rocade, pas le moin­dre rond-point... et un architecte-urbaniste visionnaire, Le Corbusier ! Celui-ci a compris très tôt l'hégémonie à venir de la voiture, à laquelle il est favorable." (article cit.)

L'augmentation de l'espace consacré à l'automobile dans les villes s'est traduit par une hausse de la circulation... qui elle-même a entraîné des congestions... qui invitaient à de nouvelles augmentations des espaces pour les voitures... Quand on sait qu'en ville, la vitesse moyenne de l'automobile ne dépasse pas celle du vélo ?!...  Repenser l'aménagement du territoire semble devoir également passer par penser une plus grande mixité des modes de dévplacement (transports en commun, vélo, piétons...) Et donc recréer des espaces de vie "mixtes" où sont à nouveau imbriqués espaces de vie, commerces et services de proximité, espaces économiques...


Si aujourd'hui plus de 80% de la population est urbaine, le développement de la ville ne saurait plus se penser sans celui de sa campagne avoisinante...

 

Revue de presse






Chez nos voisins : "la Nation Rond-Point"
Pourquoi les centres commerciaux géants recouvrent la France




Article Le Figaro sur la spéculation immobilière
Film d'Arianne Doublet "La Terre en Morceaux" (2015)



 

  • Vers des modes de développement et donc d'aménagement plus durables

Si l'urbanisme des Trente Glorieuses est celui de la "ville sectorisée", l'aménagement du territoire à l'heure du développement durable doit être celui d'une ville "intégrée" : l'aménagement n'est plus simple équipement de l'espace, mais il doit traduire un véritable projet pour le territoire, mettant en cohérence les différentes politiques sectorielles : habitat, commerce, politiques culturelles, environnementales...

Dans ce projet global, l'agriculture tient une place centrale : ceinture nourricière, mais aussi espaces de nature et de "respiration" à proximité des villes, entretien du paysage, élément structurant du territoire...

 

  • L'accès au foncier agricole, un enjeu pour l'installation des paysans de proximité

 

-) Le prix des terres agricoles s'envole:  + 40 % en dix ans

Une terre constructible vaut 10 fois plus cher qu'une terre agricole : l'urbanisation a donc également pour conséquence une spéculation sur le foncier, les propriétaires étant tentés de laisser s'enfricher les terres ou de les vendre au prix d'une terre urbaine, espérant qu'un changement de destination leur permettra une jolie plus-value au moment de la vente...

Promoteurs et foncières de grands groupes commerciaux ne sont également pas en reste :  .....

De même que des fonds spéculatifs qui y voient un placement sécurisé voire parfois fort rentable ?

Pour aller plus loin: article Telerama "Comment la France est devenue moche"


Les usages de loisirs...


Mais les agriculteurs ne sont pas les derniers à faire s'envoler le prix des terres... Loin s'en faut !!

Chasse aux hectares pour maximiser les primes, besoin de surfaces d'épandages, ou "simple" logique conventionnelle d'agrandissement pour gagner en économies d'échelle... Les terres agricoles sont devenues un bien fort convoité, qui a justifié une course en avant au sein de la profession, proposant des prix d'achat déconnectés de la valeur agronomique du sol...

Eux-mêmes propriétaires de terres, les agriculteurs partant en retraite n'ont eux-mêmes pas freiné cette logique, cherchant à valoriser au mieux leur patrimoine pour compenser une maigre retraite agricole.

Les structures agricoles ayant fortement grossi ces dernières décennies, le capital à reprendre est un frein majeur à l'installation de jeunes agricoles, dans lequel pèsent le foncier et le bâti.

 

-) Un marché foncier pas toujours très transparent:

ils privilégient les repreneurs les plus solvables, qui ne sont généralement pas les candidats à l'installation et surtout pas ceux qui s'installent hors cadre familial et n'ont pas ou peu de capital de départ


  • Agir sur le foncier pour favoriser les circuits alimentaires locaux

 

- limiter la consommation des espaces agricoles

- favoriser l'installation de paysans de proximité

Lien vers : Collectivités, agir sur le foncier agricole

 

  • La Terre agricole, Bien Commune : quelle gouvernance du foncier sur nos territoires?

 

 

 

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